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Lui à côté (le portrait-médaillon à gauche du texte) c'est MESMER. Le vrai et l'unique !
Les premières traces de l'hypnose remontent à l’Egypte ancienne avec le papyrus d’Ebers (16ème siècle AJC)
Puis nous retrouvons des écrits d'Antiphon D’Athènes 480 av JC. Le 1er à soigner avec les mots : "pose ta main sur la douleur et dis qu’elle s’en aille". Chez tous les hommes, la pensée (gnomè) gouverne le corps pour la santé et la maladie et pour tout le reste. Théorie qu'on peut aujourd'hui retrouver dans l'effet placebo.
Le Magnetisme animal : théorie du fluide
Animal de animé (animation = en vie) à l’inverse de minéral. Il s’agit d’une théorie sur l’influence magnétique, électrique et physique avec production (création ?) d’un fluide permettant un contact (par la parole, la danse, la musique) et provoquerait une crise salutaire (dû à un blocage, permettant ainsi un soulagement (1er traité : de l’influence des planètes sur le corps humain). L’hypnose prend ses racines dans le magnétisme animal, découvert par le médecin viennois Franz Anton MESMER (1733-1815) à la fin du XVIIIème siècle en Autriche.
Il avait mis au point des baquets (un tonneau de bois dans lequel étaient disposées des bouteilles remplies d’eau reliées à des tiges de métal qui passaient à travers le couvercle). En 1784, Louis XVI nommait deux commissions chargées d’examiner l’existence de ce fameux fluide animal Ces commissions qui comportaient d’éminents savants tels que Lavoisier, Benjamin Franklin, Jussieu et le docteur Guillotin arrivèrent à la conclusion de l’inexistence du fluide animal et au constat que les guérisons des patients n’étaient dues qu’à leur imagination, en sommes les prémices d’une médecine de l’imaginaire.
Dr Delson (assistant de Mesmer) utilise le magnétisme animal en thérapie de groupe et en musicothérapie.
Mr Bergasse (Avocat) crée la société de l’harmonie universelle
Le marquis de PUYSEGUR (1751-1825) : théorie psychofluidique. Il n’était pas médecin mais artilleur et soignait les paysans de ses domaines. Il avait remplacé le baquet par un orme dont les branches étaient munies de cordes pour former la chaîne de circulation du fluide. Il pratiquait ainsi des séances collectives. Puységur écrivait en 1784 que le résultat des futurs magnétiseurs dépendait du travail qu’ils auraient fait sur eux-mêmes. Le premier à parler de somnambulisme (artificiel). Il privilégit la relation entre le thérapeute et le patient.
L’Abbé FARIA (1756-1819) : théorie imaginationiste
Ne croit pas à la théorie du fluide animal mais pense au contraire que les résultats proviennent
de la mise en place et de ce qu’attend le patient. Faria décrit les premières suggestions post-
hypnotiques, utilise l’effet placebo et décrit les premiers effets de l’anesthésie hypnotique. Il parle
de sommeil lucide. Il évoque le caractère naturel de l’hypnose et est le premier à décrire
précisément et scientifiquement ses méthodes et ses effets. Il pratique l’hypnose en regardant ses
patients dans les yeux et en prononçant les mots désormais célèbres : “dormez, je le veux”
(la technique d’hypnose de l’Abbé Faria). Il théorise ainsi les suggestions post-hypnotiques en
1787, sans encore employer le terme Hypnose.
James BRAID chirurgien anglais (1842). Il parle « d’état de sommeil nerveux » dans lequel il est
facile de plonger une personne en utilisant l'induction par la fixation sur un objet brillant. Il
utilise cette méthode, notamment pour obtenir l'anesthésie lors d'interventions chirurgicales. On
rappellera que l’éther en anesthésie ne sera utilisé pour la première fois aux États-Unis qu'en
De Cuvilliers : est officier et baron d'Empire. Avec l'abbé José Custódio de Faria, le médecin Alexandre Bertrand, le philosophe Maine de Biran et le général François Joseph Noizet, il fait partie des magnétiseurs dits imaginationnistes qui, contrairement à Franz-Anton Mesmer, ne croyaient pas à l'existence d'un fluide magnétique universel. En 1819, il devient l'éditeur des Archives du magnétisme animal. Cette même année il est le premier à utiliser le préfixe hypn (hypnose, hypnotisme, hypnotiseur) pour décrire les phénomènes du magnétisme animal. Dans son livre Le Magnétisme éclairé, publié en 1820, il décrit le magnétisme en termes de croyance et de suggestibilité
LIEBAULT : Théorie ideodynamique
Il y fait état de notions théoriques et pratiques largement proches de celles des magnétiseurs
du courant imaginationniste, tels l'abbé Jose Custodio da Faria, le médecin Alexandre Bertrand
et François Joseph Noizet, qui niaient l'existence d'un fluide magnétique. Ce n'est qu'en 1882
alors qu'il a déjà 59 ans, que le professeur Hippolyte Bernheim reconnaît son action et qu'ils
participent à la fondation de l'École de Nancy, avec le juriste Jules Liégeois et le physiologiste
Henri Beaunis : c'est « l' âge d'or » de l'hypnose en France (1882–1892). La renommée de l’école
de Nancy se répand partout en Europe et Bernheim et Liébeault reçoivent de nombreuses visites
dans les années 1880 : le pharmacien Émile Coué en 1885, le psychiatre suisse Auguste Forel en
1887, le mathématicien belge Joseph Delbœuf en 1888, le neurologue autrichien Sigmund Freud
en 1889, le docteur Nicolas Dahl, qui adaptera ses méthodes à Moscou. En 1820 un autre
auteur : De Cuvilliers crée des néologismes à partir de racines grecques et invente les mots
d’hypnotisme et hypnotiseur, termes repris plus tard par BRAID.
BERNHEIM Hippolyte : Théorie ideodynamique
Médecin français. En publiant en 1884 « De la suggestion dans l'état hypnotique et dans l'état
de veille », Bernheim popularise des contre-expériences qui ruinent les démonstrations de
Charcot. » (J. Carroy, 1991, Hypnose, suggestion et psychologie, PUF, p. 162). Bernheim définit
l'hypnose comme un simple sommeil produit par la suggestion et susceptible d'applications
thérapeutiques.
En cela, il s'oppose à la définition de Charcot, qui voit en l'hypnose un état pathologique propre
aux hystériques. En 1884, Bernheim définit la suggestion comme « l'influence provoquée par une
idée suggérée et acceptée par le cerveau », puis en 1886 comme une « idée conçue par l'opérateur,
saisie par l'hypnotisé et acceptée par son cerveau ». En 1903, Bernheim considère que l'on ne
peut pas distinguer l'hypnose de la suggestibilité. Il déclare « la suggestion est née de l'ancien
hypnotisme comme la chimie est née de l'alchimie ». Il abandonne progressivement l'hypnose,
soutenant que ses effets peuvent tout aussi bien être obtenus à l'état de veille que par la
suggestion, il propose le concept d'idéodynamisme,
selon lequel « toute idée suggérée tend à se faire acte ». Bernheim a mis en lumière la notion
d’effet placebo au cours de ses recherches sur la suggestion (De la suggestion et de ses
applications thérapeutiques, Bernheim H., 1886).
Les phénomènes hypnotiques proviennent de cette propriété physiologique du cerveau”. Il décrit ainsi la loi de l’idéo-dynamisme, à savoir qu’une idée suggérée devient un mouvement, une sensation, une émotion ou un acte biologique (vasoconstriction). A l’inverse, grâce à l’hypnose, on peut inhiber une sensation comme la douleur, le prurit, un acouphène… Une suggestion (hypnotique) peut aussi produire une émotion agréable et inhiber ainsi des émotions comme l’angoisse, la tristesse ou la colère. Il remarque que certains états modifiés de conscience augmentent cette suggestibilité en développant la force idéo-dynamique par la prédominance des facultés d’imagination. Cependant, la suggestion (hypnotique) peut être utilisée à l’état de veille et la méthode est appelée « psychothérapie ». Ce terme apparaît pour la 1ère fois en 1891, dans son livre « hypnotisme, suggestion et psychothérapie ». Cette reconnaissance de l’hypnose par le professeur BERNHEIM permit aux médecins de pratiquer ouvertement l’hypnose.
James ESDAILE
Commence en 1845 sa carrière de chirurgien magnétiseur à l’hôpital du pénitencier de
Calcutta. Son patient devait être opéré d’un double hydrocèle. Le sommeil magnétique obtenu
après une préparation de 3 à 4h, l’opération se déroula sans douleur. Ses succès lui valurent de
créer et diriger l’hôpital mesmérique de Calcutta. Il réalisa ainsi 261 opérations majeures. Elles
coïncidèrent malheureusement avec l’utilisation du protoxyde d’azote, de l’éther et du
chloroforme plus facile à manier.
L’Ecole de Nancy allait défendre l’idée que l’hypnose est une manifestation physiologique, un
état normal du corps humain. Cette conception est à l’opposé de celle présentée par Charcot.
CHARCOT (1825-1893) : théorie psychopathologie du phénomène hypnotique à la tête de
l’école de LA SALPETRIERE. Il est le neurologue le plus célèbre du monde. Sa célèbre
communication sur "Les divers états nerveux déterminés par l’hypnotisation chez les
hystériques » va permettre à l’hypnose d’être reconnue dans les instances officielles.
Cependant Charcot était convaincu de la nature organique des phénomènes hypnotiques et par
ailleurs il n’a jamais hypnotisé une de ses patientes laissant ce soin à ses assistants : Gilles de la Tourette ou Babinski.
Pierre JANET Théorie de l’automatisme psychologique
Il est un des seuls en France à utiliser l’automatisme psychique et à continuer de s’intéresser et à
mener des recherches sur cette discipline. Philosophe, psychologue et médecin, JANET est
incontournable dans l’histoire de la psychothérapie et de l’hypnose. CHARCOT le nomme directeur d’un laboratoire à l’hôpital de la Salpêtrière, avant même qu’il ne soit médecin. JANET entreprend des recherches sur l’hypnose et l’hystérie. Il travaille et publie notamment des études passionnantes sur « l’automatisme psychologique ». Pour lui, l’hypnose serait le résultat d’une conscience secondaire dissociée, ou double conscience. Il se fonde sur les phénomènes de dédoublement de la personnalité et sur les phénomènes d’amnésie post-hypnotique. Cependant, le discrédit engendré par les travaux de CHARCOT, les difficultés à appréhender les phénomènes hypnotiques, l’éclosion des théories psychanalytiques… font rapidement tomber l’hypnose dans l’oubli en France. Selon JANET, « Les immenses fleuves que sont la psychanalyse et la méthode psychosomatique, ont pris leur source dans l’hypnose, et après s’être détachés d’elle, ils y reviennent de façon souvent détournée, mais de plus en plus accusée. »
Le 1er Congrès International de l’hypnotisme en 1889 établit la validité des thèses de
l’Ecole de Nancy : L’hypnose est un état normal utile au soulagement des patients.
Le rayonnement de l’Ecole de Nancy s’exercera principalement à l’étranger.
FREUD (1856-1939) : psychanalyse
Freud étudiera d’abord chez Charcot puis à Nancy. Freud commença à pratiquer l’hypnose, mais
il était un mauvais hypnotiseur. Il abandonna son usage pour développer ses découvertes
concernant l’inconscient.
Cependant si l’hypnose disparaît en France, elle continue son développement à l’étranger :
PAVLOV (Notion d'excitation et d'inhibition corticale) en URSS
SCHULTZ Johannes Schultz psychiatre et neurologue publie sa méthode, le Training autogène
en 1932, c’est une technique de relaxation proche de l’auto-hypnose qui s’inspire des
travaux de Vogt et Brodman sur le sommeil et l’hypnose. Cette technique prend aussi en compte
l’autosuggestion comme dans la méthode d’Emile Coué. Le training autogène a pour but de
provoquer une déconnection pour permettre la relaxation du corps et aussi de l’esprit.
Emile COUE : pharmacien, initié par Liébeault, invente une méthode d’autosuggestion consciente dans laquelle la volonté doit prendre le pas sur l’imagination. Ce processus se résume à répéter sans même avoir besoin d’y croire, la phrase suivante : "Tous les jours, à tout point de vue, je vais de mieux en mieux".
MILTON HYLAND ERICKSON (1900-1980). Médecin américain psychiatre et psychologue. Il commença à appliquer l’hypnose selon les procédés du XIXème siècle mais s’aperçut très rapidement de ses limites.
Pour Erickson, l’état d’hypnose est avant tout un phénomène naturel et banal. Les réponses hypnotiques ne sont pas imposées de l’extérieur. Par contre, tout ce qui peut apparaître pendant
l’hypnose existe à l’état latent chez le sujet. Il en est de même pour les réponses thérapeutiques qui ne sont pas imposées ou programmées par le thérapeute, car le sujet possède déjà en lui-même les possibilités de résoudre ses difficultés, et les solutions qu’il trouvera
seront les siennes. Toutefois le sujet ne connaît rien de ses propres possibilités. Erickson était dyslexique, daltonien, et sourd aux rythmes et à l’âge de 17 ans il aura une première attaque de poliomyélite. Ces différends handicaps ne l’empêcheront pas de faire des études brillantes (professeur de Psychiatrie), mais au contraire il en tirera des conclusions : l’hypnose est un phénomène de la vie quotidienne. Elle facilite des
intuitions brillantes et sert ainsi le changement. On n’a pas besoin de comprendre pourquoi on est malade pour guérir. Pour Erickson l’état hypnotique n’est pas un état modifié de la conscience mais un processus dynamique interactif en constante évolution au gré de la communication. Il utilise des techniques indirectes.
Caycedo. Fondateur sophrologie (technique plus cartésienne, plus dynamique, plus technique).
Chertok. Est un psychiatre français connu pour ses travaux sur l'hypnose et la médecine psychosomatique. En réaction au régime russe qui publie sa nouvelle méthode pavlovienne d'accouchement sans douleur, Léon Chertok publie un livre qui explique que le procédé développé se base principalement sur la suggestion.
Faymonville : 2002 relance l’hypnosédation au bloc. Montre sur le pet scan l’activité du cerveau sous hypnose et utilise l’hypnose en anesthésie (plus de 10000 interventions).